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Méthode ou démarche ?

Certes, de la méthode, nous avons les objectifs et les moyens pour les réaliser. Mais il n’y a pas d’enseignement. Une "méthode" de lecture induit habituellement enseignement et progression pré-déterminée, alors que la démarche que nous utilisons met à la disposition de l’enfant de maternelle, au bon moment, ce dont il a besoin pour découvrir les codes de l’écrit. L’enseignant est là pour confirmer, infirmer de manière positive et classer les éléments pour faciliter la découverte.

Là où nous nous éloignons de l’idée d’une méthode, c’est dans l’allure et le rythme proposé. Dans nos classes, les élèves reçoivent d’abord individuellement, puis collectivement, des informations qui leur seront propres, selon leur intérêt du moment, et donc mille fois plus efficaces que l’information programmée par l’enseignant, dans le but d’atteindre un des objectifs des programmes officiels.

De l’objectif général qui est bien évidemment la découverte du langage écrit, émanent d’autres objectifs plus spécifiques :
- constituer un premier capital de mots chers à l’enfant ;
- favoriser la recherche d’analogies de tailles diverses (une lettre ou une suite de lettres) pour découvrir des correspondances grapho-phonologiques ;
- préparer la voie de la compréhension de la fusion des phonèmes en découpant les mots en syllabes sous forme de jeux.

Ces objectifs seront atteints par autant de chemins qu’il y a d’enseignants, chacun utilisant les outils proposés selon sa propre personnalité et chacun adaptant les activités et leur allure, à la spécificité de sa classe.

Dans la démarche, il n’y a aucune idée de programme préétabli, mais plutôt une manière d’envisager l’écrit auprès de jeunes enfants.

D’ailleurs, le Petit Larousse 2002 définit la démarche comme une “ manière de penser, de raisonner ”.

Avec Françoise Boulanger, nous pensons et raisonnons l’écrit pour les jeunes enfants. Et ceux-ci nous en témoignent largement leur reconnaissance, comme ont pu le constater les enseignants qui l’utilisent, face au sourire de celui qui reçoit un mot.

La démarche demande une adhésion profonde de l’enseignant qui englobe les fondements théoriques et la pratique avec les enfants, sans quoi son application restera limitée, voire détournée de ses objectifs premiers, et ne donnera pas les résultats escomptés. Il faut savoir pourquoi on agit de telle ou de telle manière, mettre en cohérence la philosophie de la démarche et la pratique.

Le passage par le mot isolé, en donnant des étiquettes aux enfants est une des caractéristiques principales de la démarche de Françoise Boulanger. Et pourtant, certains enseignants nous rétorquent qu’ eux aussi, font cela depuis très longtemps... Mais là où réside la particularité de ce que propose Françoise Boulanger, c’est qu’il s’agit de mots personnels, et non des prénoms des enfants de la classe, des jours de la semaine ou des mots concernant la météo ou divers affichages de la classe. Et cette particularité, si minime soit-elle aux yeux de certains, fait pourtant toute la différence, car c’est ainsi que l’on intéressera les enfants les plus éloignés du langage écrit, de par leur histoire ou leur milieu.